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Le BREXIT : catalyseur d’incertitudes et d’opportunités pour les PME Françaises

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APRÈS L’ACCORD ARRACHÉ PAR THERESA MAY À SON GOUVERNEMENT LA SEMAINE DERNIÈRE ET ALORS QUE LES NÉGOCIATIONS CONCERNANT LE FUTUR DES RELATIONS ENTRE L’UNION EUROPÉENNE ET LE ROYAUME-UNI SONT PLUS QUE JAMAIS D’ACTUALITÉ, L’INCERTITUDE QUANT À LA FORME QUE PRENDRA LE BREXIT SUBSISTE.

 

On entend généralement par « soft » un Brexit qui maintiendrait la Grande-Bretagne étroitement alignée sur l’UE, tandis que les partisans du hard Brexit, qui ont massivement voté pour la sortie de l’UE espèrent prendre un maximum de distance avec cette dernière.

Le 29 mars 2019 à minuit heure continentale, le Royaume-Uni quittera l’Union Européenne, suite au référendum effectué trois ans auparavant. Au-delà du casse-tête juridique de délier des efforts d’intégration datant de plus de 70 ans, cet acte politique aura des conséquences directes sur la vie des entreprises françaises.

 

LE ROYAUME-UNI : UN PARTENAIRE CLÉ DES ENTREPRISES FRANÇAISES

En effet, le Royaume-Uni représente un des plus importants partenaires commerciaux de la France par sa taille, son dynamisme mais aussi par sa facilité d’accès. Ce partenaire clé de beaucoup d’entreprises françaises a ainsi reçu des biens et services de plus de 30 400 firmes en 2017, totalisant environ 7% des exportations totales de l’Hexagone. Les échanges tenus avec le Royaume-Uni sont d’autant plus importants pour la France qu’ils génèrent un excédent commercial de 11 Md€, alors que l’ensemble du solde commercial français est continuellement déficitaire depuis 2003. Du côté de nos importations en provenance d’Outre-Manche en 2017, elles représentaient près de 20 Md€, soit 3,8% de nos importations totales. En 2015, les quelques 3 300 entreprises françaises implantées au Royaume-Uni ont réalisé un chiffre d’affaires évalué à 119 Md€. En parallèle, les 2300 entreprises britanniques implantées en France ont employé plus de 200 000 personnes. Le Royaume-Uni était également le troisième investisseur en France en nombre d’emplois créés, le quatrième en nombre de projets.

 

QUELLE QUE SOIT LA FORME QUE PRENDRA L’ACCORD, LE BREXIT AURA UN IMPACT SUR LES PME FRANÇAISES

En effet, quoiqu’il arrive, le Royaume-Uni ne pourra plus bénéficier des mêmes avantages commerciaux en se retirant du marché unique. Actuellement, les entreprises françaises évoluent selon les règles d’un marché intra-communautaire dans leurs relations avec ce pays. Demain, travailler avec le Royaume-Uni reviendra à faire de l’import/export avec un état tiers et non plus un état membre. Les PME tricolores doivent donc faire preuve de vigilance sur certains points.

De même, si les négociations tendent vers un hard Brexit, les entreprises britanniques ne seraient plus soumises aux mêmes normes européennes, qu’elles soient sociales, écologiques, techniques… Plus précisément, « si le Brexit n’est pas suivi par la signature d’un nouveau traité commercial entre l’UE et le Royaume-Uni, les exportateurs français devront chercher de nouveaux débouchés. Les secteurs les plus affectés par un tel scénario seraient l’automobile (378 millions d’euros de pertes d’exportations de biens en 2019), les machines et équipements (324 millions d’euros), l’électronique (177 millions d’euros), l’aéronautique (160 millions d’euros) et les boissons (157 millions d’euros) », développe Ana Boata, économiste en charge de l’Europe chez Euler Hermes[1].

Échanger avec la Grande-Bretagne sera aussi difficile qu’avec tout autre État tiers avec lequel la France ne dispose pas de contrat commercial, si ce n’est celui de l’OMC. Cela se traduirait par des barrières douanières et tarifaires particulièrement contraignantes.

 

Par conséquent, c’est tout leur processus de fabrication, de production et d’information au consommateur que les PME vont devoir modifier pour continuer à opérer en Grande-Bretagne. Et vice-versa pour les produits issus du Royaume-Uni.

Il est donc clair que les habitudes commerciales des PME françaises se verront sensiblement impactées par le Brexit, quelle que soit sa forme. Cependant, cela ne veut pas dire que la France doit couper tous ses contacts avec le Royaume- Uni. Si l’éventuelle réintroduction des droits de douane rendra les produits français plus chers Outre-Manche et imposera une révision des circuits logistiques pour éviter des délais d’attente trop importants lors des contrôles aux frontières[2], il ne faut pas néanmoins oublier qu’en cas d’accord de libre-échange post période de transition, les droits de douane pourraient être proches de zéro. Toutes les options restent aujourd’hui encore ouvertes.

Aussi, les entreprises françaises devront-elles se mettre à jour sur d’éventuelles nouvelles certifications que le Royaume-Uni risque d’implanter.

Pour sa part, le Royaume-Uni devra, très vite après l’effet « gueule de bois » post Brexit, mettre en œuvre les politiques publiques adéquates pour démontrer son attractivité afin de ne pas perdre ses partenaires commerciaux. Si elle consiste aujourd’hui à se prémunir davantage qu’à encourager les échanges, la vision politique devra malgré tout déployer les leviers administratifs et juridiques indispensables à la continuité du business avec les pays européens.

 

LE BREXIT REPRÉSENTE AUSSI DES OPPORTUNITÉS POUR TOUCHER L’INTERNATIONAL

Bien que ces quelques difficultés puissent compliquer la vie des PME françaises à court terme, le Brexit représente aussi une opportunité pour la France, et le tissu entrepreneurial du pays.

C’est ce que souligne la deuxième édition du HSBC Navigator, révélant que les entreprises françaises sont particulièrement optimistes sur le commerce international, et ce malgré l’incertitude liée au Brexit, et au protectionnisme des États-Unis[3]. Les PME et ETI françaises sont les plus optimistes d’Europe et parmi les plus positives au monde sur le sujet de l’environnement du commerce international : 82 % envisagent positivement l’environnement commercial international et son évolution, contre 78 % sur le plan mondial[4]. Cette même étude montre que si le Royaume-Uni, partenaire historique de la France, n’est plus la première zone visée par les PME et ETI, le reste de l’Europe de l’Ouest constitue un important levier de croissance pour ces dernières. L’Allemagne et la Belgique représentent les deux partenaires commerciaux les mieux perçus en France, et cette tendance tend à se confirmer alors que 41% des PME et ETI interrogées estiment que les évolutions politiques dans l’Union Européenne représentent un facteur de soutien au développement de leurs activités. Toujours selon HSBC Navigator, alors que les dirigeants d’entreprises ressentent d’ores et déjà l’impact des mesures protectionnistes de certaines nations, 54% d’entre elles perçoivent favorablement l’environnement politique et règlementaire de l’Union Européenne[5].

 

DES OPPORTUNITÉS À VENIR AU NIVEAU DOMESTIQUE

Une autre conséquence directe du Brexit se traduit par les efforts du gouvernement français pour attirer les capitaux et les entreprises ayant prévu de quitter le Royaume-Uni.

Paris a en effet multiplié les mesures visant à se rendre plus attractif vis-à-vis des autres grandes villes européennes en compétition (Francfort, Luxembourg, Dublin) pour succéder à Londres en tant que future place financière de l’UE. Réduction de la surtaxe sur les salaires dans les banques de 20 % à 13,6 %, exonération de la taxe sur les salaires à hauteur de 30 % de la rémunération liée à l’impatriation, et surtout dispense temporaire d’affiliation au régime de retraite dont profitent employeurs et salariés sont des exemples de mesures prises par la France pour attirer les détenteurs de capital et les salariés anglais[6]. En attirant les banques et les fonds dans l’Hexagone, c’est tout le tissu économique français qui peut espérer l’arrivée de nouveaux investisseurs. Ces derniers permettront aux PME et ETI françaises de financer leur implantation ou leur diversification à l’international, premiers leviers de leur développement.

 

UN TRAVAIL STRATÉGIQUE NÉCESSAIRE À MENER PAR LES PME ET ETI, POUR RESTER COMPÉTITIVES DANS L’INCERTITUDE

Malgré les opportunités liées au rebattement des cartes avec le Brexit, l’incertitude subsiste et toutes les entreprises ne sont pas sur un pied d’égalité. « Les PME sont en première ligne, analyse Hanna Moukanas, du cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman, car elles sont a priori moins outillées pour s’adapter à de nouvelles réglementations et certifications supplémentaires, aux nouvelles complexités logistiques et aux besoins de financement et d’investissement que cela va générer… »[7].  Pour les PME et ETI, il est primordial de se préparer le plus tôt possible pour être réactif une fois les conditions de sortie du Royaume-Unis établies. Pour H. Moukanas, « il est important que les PME françaises les plus vulnérables soient accompagnées (…). Cet accompagnement doit être complet : administratif, opérationnel, financier et stratégique. Sinon, c’est toute la chaîne d’approvisionnement de certains secteurs qui pourrait être déstabilisée. »[8]

Il s’agit ainsi pour les entreprises françaises de considérer le spectre des scénarios de sortie possibles et de planifier, y compris le pire. Pour ce faire, il conviendra de mener une étude approfondie des risques et opportunités en fonction de son métier, de son secteur d’activité et de son niveau d’exposition pour être en mesure d’identifier les garanties nécessaires à mettre en place sur des sujets aussi divers que l’implantation commerciale, le transfert de R&D ou le rapatriement de capitaux. Ces garanties seront autant de réponses à adresser aux impacts du Brexit en fonction des lignes directrices des différents scénarios. Les entreprises qui prospéreront dans cet environnement incertain sont celles qui agissent dès maintenant pour comprendre les défis et les enjeux à venir en affinant leurs stratégies.

À court comme à long terme, il est certain que le Brexit aura des implications sur le comportement d’achat des consommateurs et la demande du marché. L’introduction de barrières commerciales, la menace de concurrence non européenne ou le ralentissement de la croissance britannique pourraient mettre en difficulté les entreprises françaises sur le marché britannique. Les PME françaises ayant un degré d’exposition plus élevé, elles devront porter une attention particulière à la manière de rester compétitives au Royaume-Uni après le Brexit.  Au-delà du message d’incertitude politique envoyé dernièrement par la partie du gouvernement démissionnaire de T. May[9], les PME françaises doivent dès aujourd’hui se préparer stratégiquement pour répondre rapidement et efficacement quelque soit l’accord trouvé entre Bruxelles et Londres. Au-delà de ce travail d’anticipation, il s’agit pour elles de se tourner vers d’autres partenaires commerciaux européens, tout en tirant parti des efforts consentis par le gouvernement afin de rendre la France plus attractive et d’attirer de nouvelles solutions de financement sur le territoire français.

[1] http://www.eulerhermes.fr/mediacenter/actualites/Pages/brexit-pertes-exportations-2019.aspx
[2] https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/gestion-finance/030735383291-brexit-5-repercussions-a-anticiper-pour-les-pme-francaises-314899.php
[3] HSBC Navigator 2018: “Now, next and how for business France”
[4] HSBC Navigator 2018: “Now, next and how for business France”
[5] HSBC Navigator 2018: “Now, next and how for business France”
[6] https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0600119207828-brexit-le-cout-des-traders-en-nette-baisse-a-paris-2221257.php#xtor=EPR-7-%5Bmatinale%5D-20181113-%5BProv_%5D-3143387
[7] https://www.ouest-france.fr/europe/grande-bretagne/brexit/brexit-les-entreprises-francaises-doivent-se-preparer-tout-de-suite-5911144
[8] https://www.ouest-france.fr/europe/grande-bretagne/brexit/brexit-les-entreprises-francaises-doivent-se-preparer-tout-de-suite-5911144
[9] https://www.liberation.fr/planete/2018/11/15/royaume-uni-demissions-en-serie-au-gouvernement-theresa-may-affaiblie_1692188

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