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Le développement numérique de l’Afrique : une affaire d’innovation et d’agilité

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RECORDS D’ÉCLOSION ET DE LEVÉE DE FONDS DES START-UP, NOUVELLES TECHNOLOGIES DÉPASSANT LES STANDARDS OCCIDENTAUX, L’AFRIQUE PRÉSENTE UN VASTE POTENTIEL DE CROISSANCE DANS LE NUMÉRIQUE, À CONDITION D’ÊTRE INGÉNIEUX ET AUDACIEUX…

 

DES TECHNOLOGIES DISRUPTIVES QUI NE SUIVENT PAS LA COURBE D’EXPÉRIENCE OCCIDENTALE

314. C’est le nombre de « tech hubs » que comptait le continent africain fin 2017. Alors qu’il n’en dénombrait que 120 l’année précédente, le Berceau de l’Humanité a vu fleurir de nouveaux écosystèmes pour soutenir la croissance de ses start-up technologiques[1]. Ces jeunes pousses africaines ont en effet battu des records en ce qui concerne les levées de fonds en 2018, dépassant en seulement un trimestre le total levé l’année précédente, soit environ 167 millions d’euros selon le cabinet d’étude africain WeeTracker[2].

A l’heure où encore 600 millions d’Africains ne sont pas directement reliés aux réseaux électriques nationaux, certains pays sont en avance sur l’Occident dans leurs habitudes technologiques. Au Kenya, plus de 70% des adultes utilisent M-Pesa, un système de paiement mobile à travers lequel transite environ 40% du PIB kenyan. Paradoxalement, le niveau de bancarisation ne dépasse pas les 40%. S’affranchissant du conservatisme des marchés traditionnels européens ou nord-américains, l’Afrique dispose d’un marché intérieur projeté à 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050 et qui n’a pas peur des technologies disruptives. Haweya Mohamed, Directrice Générale d’Afrobytes, explique d’ailleurs que l’on « ne peut pas parler de technologies en Afrique sans penser à la Blockchain ou encore aux crypto-monnaies qui agissent sur l’ensemble des domaines : e-commerce, services, énergie, construction etc… »[3].

Autre indicateur prouvant l’évolution de l’écosystème africain : la présence des géants technologiques de plus en plus marquée sur le continent. IBM a ainsi mis « une plateforme cloud à disposition des entrepreneurs pour leur permettre de développer des applications sous des plateformes d’IBM » précise le directeur d’IBM pour l’Afrique francophone[4]. C’est aussi le cas d’Orange, qui investit 1 milliard d’euros par an pour construire des universités et des incubateurs en Afrique francophone.

Non seulement beaucoup reste à faire pour démocratiser les télécommunications sur tout le continent, mais les autres mastodontes de la tech n’y sont pas encore très présents, laissant plus de marge de manœuvre aux entreprises françaises qui jouissent par ailleurs de la proximité qu’offre la francophonie par rapport à leurs concurrents américains et asiatiques.

 

UNE CONCENTRATION DES INVESTISSEMENTS À L’ORIGINE DE FORTES DISPARITÉS RÉGIONALES

Cependant, comme souvent, le progrès et le développement technologique se propage inégalement parmi les régions. Ainsi, en 2017 le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigeria ont reçu 76% des fonds investis, principalement soutenus par des grandes firmes américaines qui souhaitent garder un œil sur l’évolution de ce marché. Concernant les infrastructures de support, cinq pays (Kenya, Maroc, Nigeria, Afrique du Sud et l’Egypte) se partagent la moitié des tech hubs du continent, ne permettant pas une diffusion égale des avancées technologiques[5]. En termes de croissance cela se traduit par de grandes disparités régionales, la croissance en Afrique de l’Ouest n’excédant pas 0,4% quand elle dépasse les 5% en Afrique de l’Est[6].

Dans un rapport diffusé en 2017, la Banque Africaine de Développement (BAD) dénombrait plus de 500 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté sur le continent, autrement dit vivant avec moins de 2,2 dollars par jour[7].

CONNAISSANCE DU MARCHÉ LOCAL ET INGÉNIOSITÉ : LES 2 CRITÈRES GAGNANTS POUR TOUCHER LA « BASE DE LA PYRAMIDE »

L’Afrique se caractérise aussi par des entrepreneurs qui n’ont pas froid aux yeux. Selon Les Echos « seulement 24% d’entre eux disent que la peur les empêche de se lancer », à titre de comparaison, ce pourcentage atteint 58% en Italie et 61% en Grèce. De même, le contexte africain oblige les entreprises à être particulièrement innovantes si elles veulent capter la plus grosse part du marché, à savoir « la base de la pyramide »[8].

Face aux défis que présentent le manque de moyens financiers, l’accès à l’électricité ou à l’eau potable, les entreprises locales doivent redoubler d’ingéniosité pour proposer des services dignes des grandes entreprises occidentales. Pour ce faire, les entrepreneurs du continent peuvent s’inspirer des success stories telles que Jumia, la marketplace #1 dans une vingtaine de pays africains, et surnommée « l’Amazon africain »[9]. Autre start-up dans l’e-commerce, Afrimarket a levé plus de 10 millions d’euros fin 2016 pour développer sa plateforme de e-commerce et proposer un service de livraison efficace, y compris dans les régions les plus éloignées. Comprenant parfaitement le contexte local et ayant accès aux partenaires nécessaires sur le continent, ces start-up ont un temps d’avance sur les géants des pays du Nord pour capter la « base de la pyramide », où les business model classiques des GAFA ne peuvent être répliqués à l’identique[10].

Ainsi, alors que l’Afrique se positionne comme le marché émergent le plus prometteur des prochaines décennies, les investissements privés étrangers affluent vers les start-up africaines avec des tours de table de plus en plus importants, et des volumes établissant de nouveaux records tous les ans. Avec une population s’affranchissant de bien des étapes de développement vécues par les pays développés, l’Afrique dispose d’une flexibilité d’exécution et d’adoption des nouvelles technologies que l’on ne trouve ni en Amérique du Nord, ni en Europe. De plus, le continent jouit d’un contexte de « base de la pyramide » permettant aux entreprises locales de tirer leur épingle du jeu grâce à leur connaissance du marché et ce en l’absence de géants internationaux. Toutefois, le développement d’un écosystème entrepreneurial africain ne s’établira sur la durée que si les financements sont contrôlés, et que les futures licornes du continent évitent une « colonisation 2.0[11] » des décideurs Occidentaux, tout en misant sur de nouvelles institutions éducatives pour encourager les talents à rester sur le continent africain.

 

[1] Missionnaire d’Afrique : « Le boom des hubs technologiques en Afrique » (24 août 2016)
[2] Stratégies : « Record des levées de fonds en Afrique » (6 juillet 2018)
[3] 1001 Startups : « #Africatech: Les startups vont-elles faire décoller l’Afrique ? » (24 mai 2018)
[4] IBM : « IBM lance le programme «Digital – Nation Africa» (8 février 2017)
[5] 1001 Startups : « #Africatech: Les startups vont-elles faire décoller l’Afrique ? » (24 mai 2018)
[6] Le Monde Afrique: « Oui le taux de pauvreté en Afrique recule, mais le nombre de pauvres augmente » (8 juin 2017
[7]   Le Monde Afrique: « Oui le taux de pauvreté en Afrique recule, mais le nombre de pauvres augmente » (8 juin 2017)
[8] Les Echos : « La machine Afrique est lancée » (28 novembre 2016)
[9] Le Point Afrique : « Jumia, l’Amazon africain » (15 mai 2014)
[10] Frenchweb.fr : « Afrimarket lève 10 millions d’euros » (5 septembre 2016)
[11] 45S : « La Colonisation digitale, ça vous parle ? » (30 avril 2018)

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