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Rafale, la consécration indienne de Dassault

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Le contrat pour l’achat de 36 exemplaires de l’avion de chasse français devrait être signé ce vendredi par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avec son homologue indien, en présence de plusieurs industriels français, au premier rang desquels Eric Trappier, le patron de Dassault Aviation.

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Rafale B en vol au couleur de l’Egypte. © Dassault Aviation

Et 1 et 2 et 3… contrats Rafale à l’export !

Après cinq ans de négociations interminables, le gouvernement indien devrait signer ce vendredi 23 septembre le contrat pour acheter 36 Rafale, la plus importante commande à ce jour pour l’avion de combat français. La signature devrait intervenir ce vendredi à New Delhi, en présence du ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian, et de son homologue indien. Plusieurs industriels français pourraient faire le déplacement dans la capitale indienne : Eric Trappier (Dassault Aviation), Patrice Caine (Thales) et Philippe Petitcolin (Safran).

Le calendrier de livraison reste à préciser. Le montant serait lui de 7,87 milliards d’euros, nettement moins que le premier contrat envisagé pour 126 appareils. Pour pouvoir être livré plus vite, les Indiens ont d’ailleurs décidé de passer un accord de gouvernement à gouvernement, et abandonné (provisoirement) l’idée de produire eux-mêmes le Rafale en créant leur propre supply chain : trop long mais aussi trop cher à mettre en place.

Ces 36 appareils seront prélevés directement sur la chaîne d’assemblage de Mérignac (Gironde). « Dans cette négociation, les équipes de Dassault ont été professionnelles et prudentes jusqu’au bout. Le marché est conclu sur des bases réalistes. L’avionneur a refusé les conditions indiennes même pour le contrat initial des 126 appareils car il estimait qu’elles n’étaient pas acceptables industriellement. A titre de comparaison, les industriels de l’A400M (avion militaire de transport européen, ndlr) n’ont pas pu négocier des conditions initiales aussi raisonnables. Cela explique largement les difficultés actuelles qu’ils rencontrent », estime Philippe Plouvier, expert des questions de défense pour le Boston Consulting group (BCG). En quatre ans, quel renversement de situation ! Jusqu’en 2012, le Rafale était l’avion inexportable car, disait-on, trop cher, trop sophistiqué. Ce contrat suit celui de l’Egypte et du Qatar qui ont tout deux commandés 24 appareils.

« Ce troisième contrat illustre la confiance des plus grands acteurs internationaux dans le Rafale. Il marque la reconnaissance de l’excellence de la technologie et de la compétitivité française », explique Julien Warlouzé, directeur du cabinet J.W & Associés, spécialisé dans l’internationalisation des entreprises technologiques.

500 entreprises

Anticipant une signature indienne (bien plus tôt), la supply chain du Rafale n’est pas prise au dépourvu. Dès 2015, Thales qui fournit 25% de la valeur ajoutée de l’avion de combat, testait ses sous-traitants les plus critiques pour s’assurer de leurs capacités à monter en puissance. L’effort n’a jamais été relâché. Le 30 septembre 2015, Dassault Aviation a réuni à son siège de Saint-Cloud, une centaine de fournisseurs de rang1 pour synchroniser et mobiliser toute la chaîne industrielle du Rafale. Eric Trappier s’est directement adressé à leurs directeurs de programmes, responsables de production, ou encore responsables en charge de l’export. Le PDG a partagé avec eux les perspectives à l’export, les enjeux industriels…et aussi proposé un soutien à ceux qui peineraient à franchir les paliers de production attendus pour des raisons de financement ou de recrutement.

Fabriqué quasiment à 100% en France ou presque, le Rafale mobile 7000 salariés à travers 500 entreprises sur tout le territoire. A Argenteuil, SEMMB (filiale à 50-50 du fabricant britannique Martin Barker Aircraft et du français Safran) passe 200 heures pour fabriquer chaque siège éjectable du Rafale; à Veurey-Voroize (Isère) Sofradir s’est organisé pour faire face aux augmentations de cadences de ses détecteurs infrarouges (les yeux du Rafale et de ses missiles); dans la Meuse, Realmeca usine plus vite le châssis du radar électronique du Rafale.

Cadence 2

Les effets des premiers contrats exports se font déjà sentir. Sous peu, le Rafale sera produit à cadence 2 (2 appareils par mois, ndlr), contre cadence 1 quand il s’agit uniquement de livrer les forces françaises. L’avionneur a déjà embauché plusieurs centaines de personnes. Ce surcroît de charge tombe à pic et permet de compenser la mévente de ses jet d’affaires Falcon (moitié moins produit en 2015 qu’en 2014 environ) et les commandes reportées de l’armée françaises (environ une trentaine d’appareils décalés sur la période 2014-2019).

« Il faudrait un quatrième contrat pour réellement sentir la différence », explique ainsi la CGT chez Dassault. Sur l’ensemble de la supply chain, l’effet pourrait être significatif et représentait un effort de 3000 recrutements.

Et le meilleur est peut-être encore à venir

D’une part, le filon indien n’est peut-être pas totalement exploité. Eric Trappier n’a jamais caché son ambition de vendre 90 appareils supplémentaires à l’Indian Air Force, puisque le besoin original exprimé porté sur 126 unités. « L’opportunité existe réellement. D’autant plus si le programme d’aviation de combat qui associe Indiens et Russes dérapait en termes de coûts et de calendrier. Tandis que Dassault a une solution immédiate », explique Philippe Plouvier, du BCG. Et l’avionneur tricolore a déjà établi la cartographie des industriels indiens surlesquels il pourrait s’appuyer. D’autre part, la Malaisie et surtout les Emirats Arabes Unis ont montré un intérêt pour l’avion tricolore. Ils pourraient passer commande, respectivement pour 18 et 60 appareils. Le Canada s’interroge sur le pertinence d’acheter le très cher F35 américain. Résolument optimiste, Eric Trappier a déjà évoqué la possibilité de tripler la cadence initiale du Rafale en cas de quatrième contrat.

Enfin ce contrat positionne plus que jamais Dassault Aviation comme le leader européen de l’aviation de combat. Ni le Gripen du Suedois Saab ni le Typhoon du consortium Eurofighter ne peuvent afficher autant de référence à l’export. Un atout majeur quand il s’agira de désigner le véritable pilote du programme de l’avion de combat européen.

Hassan Meddah

, , ,   Publié le

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